Miel (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

X e siècle, mel . Emprunté du latin mel, de même sens. Substance sucrée, sirupeuse, que les abeilles élaborent avec le nectar qu'elles recueillent en butinant sur les fleurs. Les abeilles entreposent le dans les alvéoles des rayons de la ruche. Un gâteau de , voir . Un rayon de . Miel d'été, de printemps. Miel de bruyère, de lavande, d'acacia. Miel de montagne. Des bonbons au . Mouche à , désigne parfois l'abeille. Par ext. Miel de lat, voir . Fig. Pour désigner ce qui est d'une douceur agréable. Le de l'éloquence. Ses paroles étaient de . Loc. et expr. fig. Faire son de quelque chose, en faire son profit, en tirer un agrément. Être tout sucre et tout ou tout sucre tout , faire montre d'une douceur, d'une amabilité, d'une docilité forcées, exagérées. Lune de , voir .


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Substance liquide et sucrée que les abeilles composent avec le suc qu'elles recueillent en butinant sur les fleurs et sur les feuilles des plantes. "Miel d'été. Miel roux, blanc. Un rayon de . Un gâteau de . Un pot de . Une tartine de . Une tisane sucrée avec du . Mouches à . Miel de Narbonne. Miel sauvage. Miel commun. Le" " du mont Hymette était célèbre chez les anciens."
"Miel vierge," Le le plus pur.
"Miel violat, rosat, etc.," Compositions pharmaceutiques dont le est la base.
Prov. et fig., "On prend plus de mouches avec du qu'avec du vinaigre," On réussit mieux dans les affaires, on conquiert plus de personnes par la douceur que par la dureté et la rigueur.
Fig., "La lune de ," Le premier mois du mariage. Il s'emploie par analogie pour désigner les Commencements d'une association, d'une entreprise, d'une fonction, de toute affaire dont on ne connaît encore que les avantages et non les difficultés.
Fig. et fam., "Être doux comme , être tout sucre et tout ," Être doucereux, faire le doucereux.
Par analogie, "Le de l'éloquence."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Substance sucrée que les abeilles forment avec le suc des fleurs et qu'elles déposent dans les alvéoles de leurs ruches comme réserve alimentaire. Miel d'été. Miel de printemps. Miel blanc. Miel jaune.
LA FONT.: « Le refus des frelons fit voir Que cet art passait leur savoir, Et la guêpe adjugea le à leurs parties »
BOILEAU: « Comme on voit les frelons, troupe lâche et stérile, Aller piller le que l'abeille distille »
MASS.: « Aaron adore le veau d'or avec la foule, et Jonathas ne peut se défendre de goûter, du moins en passant, le funeste qu'il trouve sur son chemin »
FOURCROY: « Le n'est autre chose que le nectar ou le suc sucré et aromatique que les abeilles ramassent dans les fleurs, et qu'elles portent dans leurs rayons pour leur propre nourriture dans la saison froide et pour celle de leurs petits »
ID.: « Le est la seule matière sucrée connue et employée dans l'antiquité, qui en faisait beaucoup de cas ; on a prétendu que les anciens savaient, par des procédés de purification analogues à ceux qu'on pratique pour le sucre, en extraire une matière solide et concrète susceptible de se conserver »
    Miel vierge, blanc qui a été tiré des ruches sans feu, et aussi qu'on recueille des jeunes abeilles.
THENARD: « La manière d'extraire le est fort simple : après avoir enlevé avec un couteau les petites lames de cire qui ferment les alvéoles, on expose les gâteaux sur des claies à une chaleur douce : bientôt la partie la plus pure du s'écoule goutte à goutte, on l'appelle vierge »
    On dit dans le même sens : de goutte.
    Dans le commerce, vierge, nom du le plus pur.
    Fig. et familièrement. Être tout sucre et tout , être plein de douceur, avoir la douceur qu'ont le sucre et le .
MOL.: « Hé ! qu'il est doucereux ! c'est tout sucre et tout »
SÉV.: « Le croyant sur la parole de Brancas tout sucre et tout ; mais.... le temps se brouilla »
SÉV.: « Parlons un peu de Pauline, ....je n'eusse jamais cru qu'elle eût été farouche, je la croyais toute de »
MAINTENON: « Voilà, pour la duchesse de Noailles, une lettre toute pleine de et de sucre »
    Doux comme , plus doux que , extrêmement doux.
LA FONT.: « Tant bien sut dire et prêcher, que la dame, Séchant ses yeux, rassérénant son âme, Plus doux que à la fin écouta »
DESHOULIÉRES: « Avec des mots choisis aussi doux que le , Sur les gens d'un mérite à craindre, On répand à grands flots le fiel »
    Fig. Cet orateur a toujours le sur les lèvres, ses paroles sont douces et flatteuses.
    Un parler de , un langage doux et flatteur.
RÉGNIER: « Et d'un parler de se va préconisant »

 2   Fig. et poétiquement. Extrême douceur d'une chose.
MOL.: « C'est sans doute, madame, une douceur extrême Que d'entendre ces mots d'une bouche qu'on aime ; Leur dans tous mes sens fait couler à longs traits Une suavité qu'on ne goûta jamais »
A. CHÉN.: « Le qu'ici l'abeille eut soin de déposer, Ne vaut pas à mon coeur le de son baiser »
LAMART.: « Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie Ce calice mêlé de nectar et de fiel ; Au fond de cette coupe où je buvais la vie, Peut-être restait-il une goutte de »

 3   La lune de , le premier mois du mariage (voy. LUNE, n° 5).
    Ils sont encore dans la lune de , ils ne connaissent du mariage que le plaisir.

 4   Terme de pharmacie. Miel mercurial, médicament composé de parties égales de suc de mercuriale et de .
    Miel rosat, médicament préparé avec des pétales secs de roses rouges que l'on fait infuser dans de l'eau bouillante.

 5   Miel indien, de roseau, noms donnés primitivement au sucre.
    Miel aérien, voy. MANNE 1, n° 4.

PROVERBE On prend plus de mouches avec du qu'avec du vinaigre, c'est-à-dire on réussit mieux dans les affaires par la douceur que par la rigueur.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Sax. XXVII: [Je ferai] La char oindre de et lecher à mes ours
    XIIIème siècle
     Liv. des mét. 292: Miel en tonnel li muiz doit trois oboles, la some un denier
     Psautier, f° 100: De la roche leur venoit li mieus
    XVème siècle
FROISS.: « Qu'ils ne faisoient compte des menaces d'un varlet [Artevelle], fils d'un brasseur de »
    XVIème siècle
CERTON: « Voici nager vers nous les syrenes riantes.... Et, contre les vaisseaux commençant les doux sons, Elles jetoient vers nous le de leurs chansons »
DESPORTES: « J'ay veu secher mes fleurs en leur prime saison, Le doux de mes jours se changer en poison »
DESPORTES: « Puisque le d'amour, si comblé d'amertume, N'altere plus mon coeur comme il fit autrefois »
COTGRAVE: « Celuy gouverne bien mal le qui n'en taste »
COTGRAVE: « Qui n'a argent en bourse ait du moins du en bouche »
COTGRAVE: « Trop achepte le , qui sur espines le leche »
COTGRAVE: « Une abeille morte ne fait plus de »
LEROUX DE LINCY: « Nul sans fiel »
D'AUB.: « Les flatteurs de l'amour ne chantent que leurs vices, Que vocables choisis à peindre les delices, Que , que ris, que jeux, amours et passe-temps, Une heureuse folie à consommer son temps »

ÉTYMOLOGIE
    Bourg. mié, mier ; pic. mié ; provenç. mel ; espagn. ; portug. mel ; ital. mele ; du lat. mel, mellis ; grec, goth. milith ; basbret. mél ; gaél. mil.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Substance liquide et sucrée que les abeilles composent avec ce qu'elles recueillent dans les fleurs et sur les feuilles des plantes. "Bon . Miel d'été, de printemps. Miel roux, blanc. Un rayon de . Mouches à . Miel de Narbonne, de Mahon, de Moscovie. Miel sauvage. Miel commun. Des confitures au . Le du mont Hymette était célèbre chez les anciens."
"Miel violat, rosat, etc.," Compositions pharmaceutiques dont le est la base.
Prov. et fig., "On prend plus de mouches avec du qu'avec du vinaigre," On réussit mieux dans les affaires, on subjugue plus de personnes par la douceur que par la dureté et la rigueur.
Prov. et fig., "La lune de ," Le premier mois du mariage. "Ils sont encore dans la lune de ," Ils ne connaissent du mariage que les plaisirs.
Fig. et fam., "Être doux comme , être tout sucre et tout ," Être doucereux, faire le doucereux.
Fig., "Cet orateur a toujours le sur les lèvres, le découle de ses lèvres," Ses paroles sont douces et flatteuses.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


Suc doux que les abeilles font de ce qu'elles recueillent sur les fleurs ou sur les feuilles des plantes. "Bon . Miel d'été. Miel de printemps. Miel roux. Miel blanc. Un rayon de . Mouches à . Miel de Narbonne. Miel de Mahon. Miel de Moscovie. Miel sauvage. Miel commun. Des confitures au . Doux comme ".
On appelle "Miel mercuriel, violat, rosat," De certains s composés.
On dit figurément et proverbialement, "On prend plus de mouches avec du qu'avec du vinaigre," pour signifier Que la douceur fait mieux réussir les affaires, que la persuasion a plus d'effet que l'autorité.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Suc doux que les abeilles font de ce qu'elles recueillent sur les fleurs ou sur les feuilles des plantes, des arbres. "Bon . Miel d'été. Miel de printemps. Miel roux. Miel blanc. Un rayon de . Mouches à . Miel de Narbonne. Miel de Moscovie. Miel sauvage. Miel commun. Des confitures au . Doux comme ."
On appelle "Miel mercurial, violat, rosat," De certains s composés.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

MIELLEUX, EûSE, adj. ["Mièl", monos. "mièleu", "leû-ze": 1re "è" moy. 2e lon.] "Mièl" est ce suc doux que les abeilles tirent des fleurs ou des plantes. = "Mielleux", qui tient du . 'Goût "mielleux".
- "Figurément": 'Ton "mielleux". "La Font." dit "miellé", pour la rime.
   Tircis eut beau prêcher, ces paroles "miellées"
   S'en étant aux vents envolées.
   On dit "figurément" (St. famil.) il est tout sucre et tout "miel": il a une douceur afectée.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


Suc doux que les abeilles font de ce qu'elles recueillent sur les fleurs ou sur les feuilles des plantes, des arbres. "Bon . d'Esté. de Printemps. roux. blanc. un rayon de . mousches à . de Narbonne. de Moscovie. sauvage. commun. des confitures au ".
On appelle, "Miel mercurial. violat. rosat," De certains s composez.




Emplacement dans le dictionnaire :

microprocesseur
microps
microscope
microscopique
microzoaire
miction
midi
midinette
mie

miellat
mielle
miellé
miellée
mielleusement
mielleux
mien
miette
mieux
mieux-disant
mieux-être




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...c'est l'un des dieux, vieillard, qui nous traverse pour un soin négligé ; puis les opinions sujettes à tourner et les dissensions des hommes malcontents nous viennent, de coutume, changer un peu de miel en beaucoup d'amertume. Le Vieillard qu'un autre en soit touché : je blâme, quant à moi, de semblables discours dans la bouche d'un roi. Non, non, tu ne fus pas engendré par ton père pour goûter...


Citation n°2 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...encore quelle bizarre Parque au coeur capricieux veut que le sort me flatte au moment qu'il me brave ? Les maux les plus ingrats me sont présents des dieux, je trouve dans ma cendre un goût de miel suave. 1er LIVRE (X) J'ai choisi cette rose au fond d'un vieux panier que portait par la rue une marchande rousse ; ses pétales sont beaux du premier au dernier, sa pourpre vigoureuse en même temps...


Citation n°3 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...sous mes pas ! 2e LIVRE (XII) Avril sourit, déjà plus douces me retiennent les rudes mailles du destin, et de riants pensers à présent me reviennent comme les feuilles au jardin. Eh quoi ! Ce peu de miel dans la dernière goutte me serait-il enfin permis, ô sombre vie ? Hélas ! Si c'est la peine toute, sommes-nous pas de vieux amis ? 2e LIVRE (XIII) Donc, vous allez fleurir encor, charmants parterres...


Citation n°4 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...Muses, comme une forte liqueur riche en chaleurs, et mon âme à présent n'est qu'une belle morte gisante dans vos fleurs. 4e LIVRE (XVII) La coupe de douleur où je me désaltère, douce comme le miel, emprunte d'ici-bas, certes, le caractère le plus substantiel. La vie est la fumée et la mort est son ombre ; intérêts, capitaux, tout est dans la balance : il faut chercher le nombre qui règle les...


Citation n°5 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)

...souci, ou de menteur faste, si, mon pouce, alerte tu mêles dessus les cordes jumelles, narguant envie et tous sots, les parlantes philomèles au susurre des ruisseaux. ô qui, sur le double mont, d'un miel attique la coupe levez, dont la voix semond les buccins à riche houppe, nymphes, gracieuse troupe, à l'ignorant mal-appris, qui clos tenez vos pourpris, mon heureuse fureur-née sous vos lois fut...


Autres Recherches
Synonymes
Conjugaisons


Accès direct à ptidico.com: cliquez ici...